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Ressources

Prévention du suicide en milieu de travail

Le 10 septembre est la Journée mondiale de la prévention du suicide. Et bien qu’on n’en parle pas souvent, surtout au travail, le suicide touche tous les jours des centaines de Canadiens. En moyenne, chaque jour, 275 personnes font une tentative de suicide au Canada, et environ 11 d’entre elles en meurent.

De plus, impossible de nier l’association entre le travail et le suicide. On sait que chaque augmentation de 1 % du taux de chômage risque de faire grimper de 1 % le nombre de suicides au Canada, et que 70 % de toutes les morts par suicide au Canada sont recensées parmi les adultes en âge de travailler, soit de 30 à 64 ans.

Enfin, une étude parue en juin 2020 a révélé que les pertes d’emploi causées par la COVID-19 pourraient entraîner 2 000 suicides supplémentaires, à additionner au bilan national annuel d’environ 4 000 suicides.

Au Canada, nous passons plus de 60 % de nos heures d’éveil au travail; il va sans dire que ce que nous y vivons peut avoir d’importants effets sur notre vie. Si un collègue ou le proche d’un collègue se suicide, il arrive souvent que les membres de son équipe, voire toute l’organisation, souffrent des conséquences de cette perte.

Bien des Canadiens sont déjà aux prises avec d’importants troubles de santé mentale; malheureusement, la pandémie nous a tous rendus encore plus vulnérables face à la maladie mentale. Nous avons demandé à la docteure Kathee Andrews, psychothérapeute et médecin de Medisys soutenue par TELUS Santé, des conseils sur la prévention du suicide en milieu de travail, dans le nouveau contexte qu’est celui de la pandémie.

 

1. Que devraient faire les employeurs aujourd’hui pour améliorer la prévention du suicide parmi les membres de leur personnel?

La première étape, pour offrir du soutien en santé mentale, sera de reconnaître et de comprendre que la santé mentale est un enjeu médical sérieux afin de créer un milieu libre de préjugés pour les employés. Les organisations devraient mettre en place des programmes officiels en santé mentale, auxquels les membres du personnel pourraient avoir recours en tout temps pour des questions de gestion du stress, de dépression, d’anxiété, de troubles du sommeil ou de problèmes conjugaux ou familiaux.

Il est tout aussi important, pour les employeurs, d’encourager et de faciliter les liens sociaux, tout particulièrement pour les équipes qui n’étaient pas habituées à travailler de la maison. Il faudra favoriser un environnement ouvert et accueillant où les employés se sentent à l’aise de discuter avec leurs collègues du stress qu’ils éprouvent au travail. 

Même s’il s’agit d’un sujet délicat, on devrait pouvoir discuter librement de la Journée de la prévention du suicide au travail. En faisant la promotion de cette journée à l’échelle de l’entreprise, on facilite l’échange sur la sensibilisation aux facteurs de risque, les mesures de prévention et les services de soutien disponibles.

 

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2. Quels sont les signes précurseurs du suicide à guetter parmi nos employés, nos pairs et les membres de notre famille?

En matière de suicide, il est important d’établir une distinction entre facteurs de risque et signes précurseurs. Parmi les facteurs de risque, nommons les troubles de santé mentale préexistants (tels que la dépression ou l’anxiété sévère), d’anciennes tentatives de suicide, l’abus de substances (y compris l’alcool et le cannabis), l’isolement social, la maladie ou l’incapacité chronique, ou encore le fait d’être une personne autochtone ou membre de la communauté LGBTQ.

Les signes précurseurs, en revanche, peuvent comprendre une baisse inhabituelle dans la productivité au travail (comme le retard ou l’absence aux réunions, l’incapacité d’accomplir des tâches ou le fait de ne plus prendre soin de soi), l’isolement de plus en plus prononcé au travail ou à la maison, des changements d’humeur marqués, des aveux d’anxiété intense, l’expression d’un sentiment de désespoir ou d’inutilité, la réévaluation globale de l’existence et le don, apparemment sans raison, de biens personnels. Cela dit, il arrive parfois que ces signes précurseurs ne soient pas clairs, voire inexistants.


3. Que faire si l’on soupçonne qu’une personne est à risque?

La meilleure chose à faire sera de proposer délicatement son soutien. Il est aussi possible d’exprimer des craintes et de demander à la personne comment elle se sent pour amorcer la conversation. Si vous avez peur qu’elle songe au suicide, vous pouvez lui demander si elle a des pensées suicidaires, ou encore : « As-tu l’impression que tu pourrais te faire du mal? ».

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, demander à une personne si elle a des pensées suicidaires ne risque pas de la pousser au suicide. Au contraire, lui poser directement la question lui montre que vous vous souciez d’elle, que vous avez conscience qu’elle envisage peut-être le suicide et qu’elle peut vous en parler. Cette question est difficile à poser, mais avoir l’occasion de parler des sentiments et des émotions entourant le suicide est souvent un grand soulagement pour les personnes concernées. Préparez-vous à les écouter.

Rassemblez au préalable des renseignements et des ressources, et demeurez avec la personne jusqu’à ce que vous puissiez la confier à un professionnel, ou encore à un membre de sa famille qui est apte à la soutenir. Mais surtout, prenez conscience de vos limites. Si vous n’avez pas la formation nécessaire pour prendre en charge une telle situation et qu’elle vous met mal à l’aise, reconnaissezle et faites savoir à la personne que vous l’aiderez à obtenir le soutien professionnel dont elle a besoin.

 

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4. Comment une organisation devrait-elle réagir lorsqu’un suicide survient au sein de son personnel?

Lorsqu’une mort par suicide survient dans un milieu de travail, il est essentiel de laisser les autres employés absorber le choc à leur façon et à leur rythme. En effet, un suicide peut avoir des répercussions sur la santé psychologique des autres membres de l’équipe, et ce, à plusieurs niveaux. L’organisation devrait donc transmettre aux employés tous les renseignements donnés par la famille de la personne et leur permettre d’assister aux services commémoratifs, le cas échéant.

S’il n’existe pas de programme d’aide aux employés (PAE), l’employeur devrait offrir les services d’un conseiller en matière de deuil à tous les membres du personnel qui sentent en avoir besoin. Par ailleurs, certains employés pourraient exprimer de la colère, ou encore blâmer le milieu de travail ou l’entreprise. S’il s’agit peut-être d’une expression de deuil, les employeurs doivent sérieusement se demander si certains problèmes vécus au travail auraient pu contribuer à la détresse de l’employé qui s’est enlevé la vie et s’il y a des changements à apporter pour corriger la situation.

Si vous ou l’un de vos proches avez des pensées suicidaires, communiquez avec le Service de prévention du suicide du Canada en téléphonant au 1-833-456-4566 ou en envoyant un message texte au 45645 entre 16 h et minuit HNE.

 

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